Royaume du Maroc - Instance Equité et Réconciliation  

l’IER, par M. Abdelmounaïm DILAMI

L’Instance Equité et Réconciliation arrive au terme de sa mission.

Contrairement à la reconnaissance internationale que l’IER a conquise, au Maroc même, on ne mesure peut-être pas assez combien le travail de l’IER a révolutionné les rapports entre le citoyen et l’Etat.

Les craintes étaient fortes au démarrage de ce processus, qu’il n’entraîne le pays dans des règlements de comptes dont nous n’avions que faire. Ce danger a été habilement écarté. Bien au contraire, puisque l’IER a réussi à faire en sorte que l’Etat, et lui seul, assume pleinement sa responsabilité en tant qu’institution.

La politique de réparation matérielle avait pour but non pas d’effacer ou d’acheter les consciences, mais plutôt de faire en sorte que l’Etat reconnaisse publiquement sa responsabilité, confirmant ainsi d’un coup deux facteurs essentiels : sa pérennité et sa volonté de changement radical.

Désormais, pour tous les Marocains, gradés dans l’appareil de l’Etat ou citoyens ordinaires, les droits de l’homme et du citoyen ne peuvent plus être remis en cause sous aucun prétexte.

Pour la société marocaine ayant, il faut le souligner, des siècles de rapports féodaux, il s’agit bel et bien d’une révolution.

Les souffrances et les peines de ceux qui ont subi les exactions, n’auront donc pas été vaines. Pour les victimes et leurs familles, il est essentiel de récupérer cette dignité, cette participation aux progrès du Maroc. D’aucuns regrettent que les choses ne soient pas allées plus loin, par exemple jusqu’à juger les personnes responsables. Cela aurait été un anachronisme et une faute politique. Pis, c’était exactement le piège capable de faire capoter tout le processus démocratique. Il est aisé de pratiquer la surenchère et d’exiger toujours plus. Dans les faits, le plus difficile dans une révolution, ce n’est pas de la déclencher, c’est de savoir l’empêcher de manger ses enfants.

l’Economiste du 20 décembre 2005

Imprimer Envoyer cette page Haut de page

« Il s’agit non pas seulement de partager la connaissance et la réappropriation du passé mais aussi de faire surgir dans le présent et le débat contradictoire, des normes et des règles communes de vivre et bâtir ensemble le futur… »
Driss Benzekri

Conseil Consultatif des Droits de l’Homme Place Ach-Chouhada, B.P. 1341, 10 001 Rabat- Maroc
Tél : + 212 37 72 68 56
Fax : + 212 37 72 22 07