Royaume du Maroc - Instance Equité et Réconciliation  

Me Ali Yahia Abdennour : la réconciliation est l’aboutissement d’un long processus qui passe par la vérité.

L’ancien président de la ligue algérienne de défense des droits de l’homme (laddh/indépendante), me Ali Yahia Abdennour, a estimé que la réconciliation ne peut être instaurée par une loi, mais qu’elle est l’aboutissement d’un long processus, qui passe tout d’abord par la vérité.

Aujourd’hui président d’honneur de la laadh, l’ancien avocat des dirigeants du FIS, parti dissous en 1992, au lendemain de l’interruption du processus électoral, me. Abdennour affirme que la réconciliation, telle qu’envisagée en Algérie " invite le peuple algérien à tourner subitement la page d’une décennie marquée par le sang et les dissensions, sans pour autant définir d’une manière objective les protagonistes de cette crise".

Cité par le quotidien L’Expression, dont il a été l’invité, me Ali Yahia Abdennour estime que le premier travail à faire, c’est d’avoir le courage de dire la vérité, laquelle permettra de rétablir la justice et la mémoire, avant d’en arriver au stade le plus important de ce processus qui devra consacrer le pardon ou plutôt la véritable réconciliation. "C’est pas propre à l’Algérie, tout le monde commet des erreurs, des dépassements en temps de guerre. L’erreur réside dans le fait de vouloir mettre un voile sur une partie de la vérité pour des raisons que nous connaissons tous", a-t-il ajouté. Il se dit étonné qu’ "aucun responsable, soit au niveau de l’administration soit parmi les chefs terroristes, n’est traduit devant la justice". "Je ne dis pas qu’il faut juger tout le monde, mais les témoignages de ces derniers, qui étaient impliqués d’une façon directe ou indirecte dans la crise, sont décisifs", a estimé Ali Yahia Abdennour, qui préconise l’ouverture d’un véritable débat de société, qui permettra de cerner le dossier de la réconciliation nationale. Alger 30 jan 2006 Pour lui, le recours à des ordonnances présidentielles pour la promulgation des textes d’application de la charte de réconciliation nationale est la preuve de cette volonté de verrouiller le champ devant tout débat politique. "Cette démarche m’amène à m’interroger sur le rôle du parlement.

Si cette assemblée n’est pas associée dans des débats aussi stratégiques pour l’avenir du pays, l’on est véritablement en mesure d’émettre des doutes sur ses véritables missions", déclare-t-il. Pour ce dernier, il s’agit de traiter des germes de la crise, pour éviter la réédition d’une telle situation.

"On va donner beaucoup d’argent aux victimes, mais cela ne résoudra pas le problème", selon Ali Yahia Abdennour, qui estime que "la réconciliation doit s’ancrer dans les esprits, comme une conviction chez tout le peuple".

Autrement, dit-il, demain, si le système change, d’autres viendront réclamer justice. C’est pour cette raison que nous insistons sur le fait que le pardon ne peut intervenir qu’après la vérité.

Me Ali yahia abdennour préconise par ailleurs le retour du FIS, sous un autre sigle.

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