Royaume du Maroc - Instance Equité et Réconciliation  

Droits de l’Homme : Une femme aux commandes de l’OMDH (4/4/2006)

L¹Organisation Marocaine des Droits de l’Homme change de patron. Depuis dimanche soir, elle a à sa tête une charmante femme. C’est Amina Bouayache, adjointe du président sortant Maître Abdallah Oualladi, qui a été unanimement élue à la présidence.

Elle va diriger l’organisation durant les trois prochaines années, avec l’aide de 14 de ses camarades, dont 5 femmes, membres du nouveau Bureau National, son instance exécutive. C’est sur ces bonnes notes que se sont achevés les travaux du congrès national de cet organe, tenu les 31 mars, 1 et 2 avril à Rabat. La nouvelle présidente, aussi bien que le nouveau Bureau National, ont été successivement élus au vote secret par les 51 membres du Bureau National qui constitue le parlement de l’OMDH. Ceux-ci ont été élus à la majorité de 104 voix contre 10 voix, et une abstention.

Outre le dosage bien filtré entre anciens et nouveaux membres, ce nouveau conseil est surtout marquée par la présence de 15 femmes, soit un pourcentage de plus de 29%. Tenu sous le mot d’ordre « Renforcement et accélération des réformes, pilier pour garantir et protéger la transition démocratique », ce congrès national constitue le 6e du genre depuis la création de l¹OMDH en décembre 1988 dont les responsables ont veillé au respect strict des statuts avec la tenue régulière des congrès. Le président sortant, Maître Abdallah Oualladi était en poste depuis 2000. Il a été précédé successivement par Omar Azziman, Abdelaziz Bennani, Ali Oumlil et Khalid Naciri. Outre le renouvellement des instances dirigeantes, les congressistes ont également adopté les rapports final et financier, et quatre projets de documents se rapportant à la primauté de la loi, droits de la femme, droits sociaux et économiques et à la mise à niveau de l¹organisation. Un communiqué final et de nombreuses recommandations ont été également retenus par les congressistes. Ceux-ci ont plaidé pour des réformes constitutionnelles garantissant les libertés et droits des citoyens et consolidant les institutions dans leur rôle dans la construction démocratique, notamment en matière de séparation de pouvoirs et renforcement de l’indépendance de la justice.

Tout en qualifiant de positif le dernier rapport de l’IER au niveau de déceler la vérité des violations graves des droits de l’homme, même si des cas de dossiers demeurent en suspens, les congressistes ont également considéré comme « acquis » les recommandations émises par ce rapport et qui nécessitent « urgence » au niveau de leur mise en ¦uvre et mécanismes de suivi. Cependant le congrès a appelé le CCDH d’agir avec « l’efficacité requise » dans le cadre de ses prérogatives conformément aux principes de Paris, pour la mise en oeuvre de ces recommandations. Les acteurs politiques, eux aussi, sont sollicités de contribuer à la concrétisation des dites recommandations, comme le gouvernement sommé par le 6e congrès de l¹OMDH à « mobiliser les moyens nécessaires afin de concrétiser cette mise en oeuvre dans le cadre d’une stratégie claire visant la promotions des droits de l’Homme ».

Sur ce même registre, la société civile est appelée en sa qualité de force de proposition à « jouer son rôle dans le but d’accompagner cette dynamisation, notamment pour les dossiers en suspens, à l’instar de celui de la vérité, la mémoire et la responsabilités des appareils de l’Etat ». Et concernant les droits économiques et sociaux et culturels, les congressistes ont jugé que leur « violation va rester une entrave menaçant les acquis et freinant le processus de transition démocratique ». Ainsi, la mise en oeuvre des droits civiques et politiques « ne pourra se concrétiser en l¹absence de droits à l’éducation, au logement décent, à l’emploi et à la santé », de même que « la réalisation des droits linguistiques, culturels et amazighs, nécessite davantage de dynamisation afin de concrétiser ces droits ». Aussi, les congressistes ont-ils réaffirmé leur engagement à la faveur de la paix, justice, respect des droits de l’Homme et la légalité dans le monde.

Après son 6e congrès, l’OMDH s’attend à beaucoup de travail, comme a tenu de le rappeler la nouvelle présidente dans un mot à l¹adresse des congressistes après son élection. Elle compte sur la mobilisation des potentialités quantitatives et surtout qualitatives pour gagner les paris du futur.

Mustapha Znaidi

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