Royaume du Maroc - Instance Equité et Réconciliation  

Les héroïnes ne sont jamais fatiguées

Article de Narjiss Rerhaye publié par le Matin,en date du 06/08/04

Fatna El Bouih est une écorchée vive. Cette frêle jeune femme née en 1955, arrêtée en 1977, condamnée à 5 ans de prison « pour avoir eu des rêves de démocratie » et libérée le 23 mai 1982 regarde, pudeur intacte et œil légèrement embué, dans le rétroviseur des années de plomb. « Hommes et femmes, nous étions égaux devant la torture », raconte à voix basse cette mère de deux petites filles.

Son père, un instituteur originaire de Ben Ahmed, avait coutume de l’appeler « Sayyida Al Horra », la libre, du nom de cette reine du 16ème siècle devenue « hakima » de Tétouan. Signe du destin ? Fatna-la-révoltée, Fatna la-vite-indignée s’est très tôt éveillée à la liberté, à la citoyenneté, aux droits.

La militante dans la cellule d’une organisation clandestine résistera à sept mois de torture. Après la détention secrète, la prison. L’univers carcéral au féminin créé par toutes ces femmes détenues d’un genre nouveau. « C’était presque la lumière et le combat reprenait de plus belle pour revendiquer nos droits les plus élémentaires ».

Et comme les héroïnes ne sont jamais fatiguées, F. El Bouih , professeur dans un lycée casablancais, continue aujourd’hui de se battre. Dans des associations qui ont pour nom Inssaf ou encore Observatoire marocain des prisons. Exactement, là où les droits sont bafoués, les corps meurtris, les âmes blessées. Faut-il encore s’en étonner ?

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