Royaume du Maroc - Instance Equité et Réconciliation  

Communiqué d’Amnesty International concernant la tenue des auditions publiques

Mardi 14 décembre 2004

Amnesty International se félicite des auditions publiques consacrées aux atteintes aux droits humains commises par le passé

Amnesty International se félicite des auditions qui doivent débuter ce mercredi 15 décembre 2004. Elles visent à offrir aux victimes et à leurs proches la possibilité de présenter à la population marocaine, et ce pour la première fois, des témoignages faisant état de « disparitions » et de détentions arbitraires. Elles représentent un tournant important sur la voie consistant à remédier aux graves atteintes aux droits humains du passé.

Sans précédent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ces auditions sont organisées par l’Instance Équité et Réconciliation (IER), commission mise sur pied par les autorités en janvier 2004 afin d’examiner les affaires de « disparitions » et de détentions arbitraires survenues entre 1956 et 1999. Selon la commission, ces auditions seront ouvertes aux journalistes marocains et étrangers, ainsi qu’aux organisations non gouvernementales (ONG), et seront retransmises par la radio et la télévision nationales.

Amnesty International espère qu’en donnant à certaines victimes de « disparitions » et à leurs familles la possibilité d’être entendues en public, ces auditions contribueront à leur rendre leur dignité et à faire avancer la lutte qu’elles mènent depuis plusieurs décennies pour connaître la vérité et obtenir justice.

Près de 200 victimes, familles de victimes et témoins d’atteintes aux droits humains doivent y prendre part, sur une période d’environ 10 semaines et dans 10 villes différentes, en commençant par la capitale Rabat. Pour la plupart, ces personnes devraient déjà avoir soumis à la commission des informations les concernant, par écrit ou lors d’auditions privées.

Selon la commission, les participants disposeront chacun d’une vingtaine de minutes pour livrer leur témoignage. Ils pourront narrer leur histoire avec leurs propres mots, dans la langue de leur choix, et être accompagnés de proches ou d’amis à même de leur apporter un soutien moral. Toutefois, Amnesty International s’inquiète de ce que les participants ne sont pas autorisés à citer nommément les personnes responsables des violences qu’ils dénoncent et doivent signer avec la commission un accord à cet effet avant l’audition.

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« Il s’agit non pas seulement de partager la connaissance et la réappropriation du passé mais aussi de faire surgir dans le présent et le débat contradictoire, des normes et des règles communes de vivre et bâtir ensemble le futur… »
Driss Benzekri

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